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Situation géographique

Endé est un village dogon situé au pied de la Falaise de Bandiagara qui s’étend sur 200 km au Sud de la boucle du Niger, près de la frontière entre le Mali et le Burkina-Faso. Le village est à 12 km de Bankass (chef-lieu de cercle), 50 km de Bandiagara (capitale du Pays Dogon), 130 km de Mopti (capitale de la région). Il est relié par une mauvaise piste à Bankass, puis par une piste améliorée à Bandiagara. Le climat de type soudano-sahélien comporte deux saisons inégales: l’hivernage (saison des pluies) pendant 3 mois de juin à septembre, la saison sèche (9 mois). Les précipitations varient selon les années de 400 à 700 mm réparties sur 3 mois. La végétation est celle de la savane arborée (baobabs, balanzans, nérés). La terre de faible qualité permet la culture de quelques céréales (mil, fonio, sorgo) en saison humide

Population

Les habitants de Endé (3500) sont membres de l’ethnie dogon dont les villages s’étendent en chapelet le long de la falaise, sur le plateau et dans la plaine du Séno où elle côtoit les Peuls, éleveurs nomades. La culture des Dogon a fait l’admiration des ethnologues depuis que Marcel Griaule a révélé une part de leurs mythes de création du monde et de l’homme. Les Dogon possèdent une vision symbolique complète du monde qui s’exprime dans la beauté de leurs sculptures et dans leur impressionnante cérémonie des masques. Sur le plan religieux, les habitants de Endé sont aujourd’hui en partie islamisés, ce qui ne signifie pas pour autant l’oubli de leurs croyances propres. L’espérance de vie est de 45 ans, due à une forte mortalité infantile (problèmes alimentaires, malaria, fièvre jaune). Cependant la population augmente rapidement à cause d’une forte natalité.

Structures sociales

L’unité de base est la famille élargie (ginna) de 30 à 60 personnes regroupant plusieurs générations. De 15 à 30 familles constituent un quartier ayant à sa tête un chef et ses conseillers.

Endé comprend 4 quartiers espacés de quelques centaines de mètres (Wo, Ogodengo au pied de la falaise, Toro et Guinékanda situés sur la dune à 500 m de la falaise). Le pouvoir est exercé par les Anciens mais selon des principes de dialogues, l’autorité du chef est purement morale (pas de police, pas de prison!). Cette structure par quartiers est incontournable, chacun ayant sa spécificité, ses traditions. Toute question concernant l’ensemble du village (comme le projet de barrage) doit être traitée en accord avec les 4 chefs.
Les Dogon sont généralement polygames (deux femmes le plus souvent). La condition féminine est marquée à la fois par la sujétion et une certaine autonomie. Elles sont astreintes à de lourdes tâches mais ont leur autonomie sur le plan économique et même pour le divorce. Dans chaque quartier, elles sont organisées en associations et sont entreprenantes.

Economie

Les Dogon sont des agriculteurs acharnés. Á Endé, le manque d’eau pendant 9 mois, réduit cette activité à la culture de quelques céréales en saison humide. La production n’assure pas l’autosuffisance. Les habitants de Endé doivent donc trouver d’autres sources de revenu :

  • L’élevage: les animaux sont vendus pour acheter du mil, une fois la récolte épuisée. L’artisanat (tissage, sculptures, poteries) à usage local ou pour le tourisme

  • Le tourisme : Le Pays Dogon fascine par ses paysages et son habitat. Beaucoup de jeunes s’emploient comme guides.

  • L’exode vers les villes: mais les chances sont rares de trouver un emploi rémunéré.

Le tourisme procure parfois un argent facile mais peut avoir des effets pervers.il peut aussi conduire à des actions de solidarité :

  • Un groupe lyonnais a fondé une banque de céréales et d’aliment de bétail

  • Deux membres d'Un Jardin Au Mali ont proposé au femmes du village un foyer à bois économe (du type Bolivia Inti Sud soleil) qui consomme moitié moins de bois que le foyer 3 pierres. Grâce à l'association "L'Ecole Pour Tous" un microcrédit a été mis en place pour permettre l'acquisition par les familles

Cette liste n’est pas exhaustive(Vous trouverez d’autres exemples tout au long du site) Dans le village de multiples associations d’entraide apparaissent qui recherchent des financements pour commencer une activité. Il y a donc une certaine amélioration. Cependant à cause de l’absence d’entreprises, le chômage reste endémique, les revenus sont extrêmement faibles et en période de soudure (de juillet à septembre), les risques de disette existent, d’où la nécessité d’une aide d’urgence par la livraison de nourriture en cette période.

L’économie du village est fragile. Les risques de disette sont atténués grâce à la solidarité villageoise («On ne laisse pas quelqu’un sans mil»).

Il y a nécessité de rééquilibrer l’économie locale sur l’agriculture. Cela est possible grâce à la grande quantité d’eau qui descend de la falaise à l’hivernage et qu’il faut en partie stocker.

Le développement d’un périmètre maraîcher grâce au barrage devrait diminuer voire supprimer ce risque.

Depuis août 2004, il existe un dispensaire en état de fonctionner grâce à l’action d’une association amie (Pierre Tourette, association PÓ). Le travail à fournir est immense pour soigner la population. Le dispensaire fonctionne bien, avec une infirmière diplômée et une femme du village sage-femme. Tous les enfants naissent désormais au dispensaire. Il y a suffisamment de médicaments à disposition et la mise à disposition de deux « moto-ambulances » par un groupe de Montpellier permet d’évacuer vers l’hôpital de Bankass les cas graves.

De nombreux problèmes d’hygiène subsistent: ordures entassées à l’extérieur des habitations, sacs plastiques disséminés partout jusque dans la brousse, les piles électriques, très utilisées, sont jetées à terre et le plomb risque de polluer la nappe phréatique. Latrines de plus en plus nombreuses, près des puits, eaux sales rejetées dans les ruelles, etc Cependant un château d’eau avec un forage de 80m a été installé par le groupe de Montpellier dans le quartier de Guinékanda, si bien que les femmes n’ont plus besoin de tirer l’eau du puits, moins profonds et donc plus proche des pollutions ; depuis l’installation de ce château d’eau le dispensaire a noté une diminution des maladies dues à l’eau notamment chez les enfants.

Scolarité

Endé dispose d’une école primaire (1re à 6e année) de 600 élèves et d’un collège de Second Cycle financé par le Conseil Général du Puy de Dôme, de 300 élèves scolarisant des garçons ET des filles.Les conditions d’enseignement et d’apprentissage sont difficiles sont précaires (plus de 60 élèves par classe, aucun matériel). En 2004 Une association («association des utilisateurs BOOK PLUS») a mis à notre disposition 2000 € pour l’achat de manuels scolaires. Grâce à cette action l’école de Endé dispose d’environ 1/5 des manuels nécessaires.

Une faible proportion des élèves de Endé poursuit des études en lycée et quelques rares à l’université. Mais Endé possède ses intellectuels: un professeur de philo à Bamako, un fonctionnaire de la FAO à Rome etc… Ces personnes restent très attachées à leur village et à la culture dogon.

Il y a eu beaucoup de changements notables depuis que nous connaissons le village. Cela est dû pour l’essentiel au dynamisme de la population, à sa volonté de survivre, aux initiatives de quelques « intellectuels » et guides qui fédèrent les projets.

Conclusion

L’identité dogon est une identité forte. Les Dogon veulent continuer à vivre sur leur terre dans leur culture. En même temps ils sont ouverts au monde extérieur et en subissent les effets: influence récente de l’Islam, influence du mode de vie des touristes, scolarisation, dispensaire. La société dogon bouge. Mais des conditions économiques négatives peuvent entraîner effritement et disparition. Le mauvais état des voies de communication freine les échanges et le développement commercial.

Une reprise de l’agriculture avec le barrage devrait signifier une évolution le bon sens, un développement à partir des racines propres du monde dogon où domine le culte de l’eau (symbole de vie et de bonne parole) des graines, de la fécondité.




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